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L'AIE préconise le déblocage de centaines de millions de barils de brut, selon des sources
information fournie par Reuters 11/03/2026 à 12:22

Logo de l'Agence internationale de l'énergie à Paris

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L'Agence internationale de l'énergie (AIE) recommande à ses pays membres de puiser dans leurs ‌réserves stratégiques à un niveau encore jamais atteint afin de contenir la hausse des prix du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient, a-t-on appris de sources au ​fait des discussions au sein de l'organisation.

Le volume total pourrait s'établir à 400 millions de barils de brut, ont déclaré deux sources interrogées par Reuters. Plus de 100 millions seraient "libérés" dès le premier mois, selon les recommandations de l'AIE.

D'après la ministre espagnole de l'Energie, Sara Aagesen, le volume total du déblocage préconisé par l'AIE, qui compte une trentaine ​de pays membres, représente plus du double de celui qui a été décidé en 2022 lors de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par l'armée russe.

A l'époque, les membres de l'AIE avaient débloqué 182 millions de barils ​en deux étapes (62,7 millions en mars 2022, 120 millions en avril 2022).

Les pays de l'AIE, ⁠agence fondée en 1974 par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à la suite du premier choc pétrolier, ont été convoqués mardi en réunion ‌extraordinaire et devaient se prononcer mercredi en début d'après-midi sur les recommandations de l'agence.

La décision doit être unanime, a rappelé Sara Aagesen. "Il s'agit d'une proposition faite volontairement par les pays, et nous avons jusqu'à 90 jours pour libérer ces réserves", a-t-elle expliqué.

Sara Aagesen a déclaré ​que l'Espagne était favorable à l'utilisation des réserves stratégiques. L'Allemagne et ‌l'Autriche ont également annoncé leur intention d'y recourir.

Au Japon, la Première ministre Sanae Takaichi a déclaré que son gouvernement ⁠prévoyait de débloquer l'équivalent d'un mois de stocks publics et 15 jours de stocks gérés par le privé, sans attendre la décision formelle de l'AIE.

Emmanuel Macron doit présider dans l'après-midi une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du G7, dont la France assure la présidence cette année.

SCÉNARIOS

Les ministres de l'Energie du G7, réunis mardi en visioconférence, se ⁠sont abstenus de prendre une décision ‌tout en signalant dans un communiqué publié mercredi qu'ils soutenaient l'idée dans son principe.

"En principe, nous soutenons la mise en oeuvre de ⁠mesures proactives pour faire face à la situation, y compris l'utilisation des réserves stratégiques", ont déclaré les ministres de l'Energie dans leur communiqué. "Les membres du G7 étudieront minutieusement les ‌recommandations."

Une source du G7 a souligné que même si aucun pays n'est actuellement confronté à une pénurie de brut, les prix augmentent fortement et ⁠laisser la situation suivre son cours n'est pas une option.

"Le secrétariat de l'AIE devrait proposer plusieurs scénarios, basés sur l'impact ⁠attendu sur le marché, et des pays ‌ne faisant pas partie de l'AIE comme la Chine ou l'Inde pourraient être sollicités", a dit cette source.

Les pays membres de l'AIE détiennent actuellement plus de 1,2 milliard ​de barils de stocks d'urgence de pétrole, auxquels s'ajoutent 600 millions de barils de stocks ‌détenus par l'industrie sous obligation gouvernementale, a indiqué lundi le directeur exécutif de l'agence, Fatih Birol.

"Il faut donner un message très clair, c'est que si on ne peut pas rouvrir le détroit d'Ormuz tout ​de suite, on peut le remplacer", a déclaré le ministre français de l'Economie Roland Lescure mercredi matin au micro de BFM TV/RMC.

La France a un peu plus de 100 millions de barils en réserve, publique ou privée, a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

Les cours du brut s'affichaient à la hausse mercredi ⁠matin, les opérateurs doutant que le recours de l'AIE aux stocks stratégiques puisse compenser les problèmes d'approvisionnement en Asie induits par le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran.

Vers 10h05 GMT, le baril de Brent s'échangeait en hausse de 5,7% à 92,87 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) était en hausse de 6,5%, à 88,86 dollars le baril. Les deux références ont touché respectivement lundi un pic de 119,50 dollars et 119,48 dollars, au plus haut depuis la mi-2022.

VOIR AUSSI:

ENCADRE-Quelle quantité de pétrole les pays du G7 détiennent-ils dans leurs réserves d'urgence ?

(Alex Lawder à Londres, America Hernandez à Paris, Pietro Lombardi à Madrid, Fabiola Arámburo à Mexico, Makiko Yamazaki à Tokyo; version française ​Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)

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